Contexte Physique et climatique

La Têt prend sa source à 2500 mètres d'altitude et se jette dans la Méditerranée après un parcours d'environ 120 km ponctué par deux grands barrages : le barrage des Bouillouses et celui de Vinça. En incluant les affluents, le bassin qui s'étend sur 1500 km² compte 580 km linéaires de cours d'eau ce qui en fait le plus grand bassin versant des Pyrénées Orientales. Enfin, orientée Nord-Sud, la façade maritime est une côte sableuse de 7 kilomètres sur laquelle l'activité touristique estivale est importante.

Contexte physique et climatique du bassin de la Têt

La bipolarité physique de ce territoire en fait un bassin singulier : on passe de 2500 mètres d'altitude au niveau de la mer en quelques kilomètres. En effet, près de la moitié du bassin versant culmine à au moins 1000 mètres d'altitude, avec 25% du relief au dessus de 1600m. Dans le détail on distinguera :


puce01.pngLe domaine montagneux amont où la Têt prend sa source, encerclée de hautes montagnes culminant à 2500m d'altitude. Cette zone est très naturelle : plans d'eau, landes, pelouses et forêt occupent 85% du territoire. C'est cette zone qui fourni 50% des apports en eau du bassin, essentiellement par la neige.

puce01.pngLa moyenne vallée se caractérise plutôt par un paysage de moyennes montagnes incisées des vallées parfois très étroites et aux fortes pentes (dénivelées de 800m et pentes de 20%) où de nombreux affluents prennent leur source. Ceux des versants septentrionaux du Canigou en particulier sont nombreux et bénéficient d'une pluviométrie abondante, en lien avec l'orographie. En revanche, cette zone est plutôt abritée du vent et bénéficie de températures douces.

puce01.pngEn aval de Vinça, les massifs montagneux s'ouvrent brutalement sur la plaine du Roussillon, c'est la plaine alluviale de la Têt qui compte notamment la ville de Perpignan. Cette plaine reçoit près de 50% de la population du département et environ 90% de celle du bassin versant. Cette plaine est soumise à un climat plus doux, des températures plus élevées mais des vents plus violents caractérisés par la tramontane qui souffle surtout en automne et hiver.

 

La moyenne annuelle de pluviométrie est de 700 mm mais il existe un gradient de précipitations décroissant de l'amont vers l'aval, phénomène particulièrement marqué l'été où les précipitations sur l'aval sont 3 fois inférieures à celles de l'amont.

Au niveau de Perpignan l'été est généralement chaud et sec, ensoleillé et peu pluvieux avec des températures moyennes dépassant souvent les 23°c, le mois de Juillet étant généralement le mois le plus chaud. L'hiver est plutôt doux avec des températures rarement inférieures à 4°c mais plus proche de 1°c à l'amont de Vinça. L'insolation élevée, environ 2534 heures annuelles, peut se rattacher aux 131 jours par an de vents forts (vitesses supérieure à 16 m/s).

Episodes extrêmes locaux ou étendus

 

Le territoire présente la particularité de subir des épisodes pluvieux extrêmes qui génèrent les fameux "aiguats" : terme catalan désignant une "crue violente et importante". Caractéristiques en automne, ces épisodes sont accrus par l'orographie environnante et les maximas des pluies enregistrées atteignent alors des valeurs exceptionnelles : 413 mm sur 2 jours en 1999 ou 750 mm en 24 h pour 1940.

L'hydraulicité moyenne de 11m3/s peut alors changer

brusquement pour atteindre, comme pour la crue de 1940, un débit à Perpignan estimé à 3620 m3/s. En plus d'être parfois de courte durée (parfois 3 ou 4 heures) certains épisodes ont une étendue géographique limitée qui décuple d'autant leur potentiel. En octobre 1986 par exemple, les quantités d'eau, recueillies en quelques heures (12 à 19 heures) ont avoisiné 300 à 400 mm à Canet-en-Roussillon. En Août 2002, ce sont 184 mm qui sont enregistrés à Torreilles en moins de 24 heures.