Gestion quantitative de la ressource en eau (superficielle)

La partie la plus amont du bassin versant (amont Mont-Louis) génère beaucoup d'eau malgré sa petite superficie : près de 11% des apports pour 3% de la superficie du bassin versant total. On constate qu'en moyenne les affluents de la Têt rive droite fournissent beaucoup d'eau (exposition Nord, pluviométrie abondante). L'apport de la section en aval du barrage de Vinça est par contre quasiment négligeable bien que cette section représente près d'1/3 de la superficie totale du bassin versant de la Têt.

En moyenne plus de 90% de la ressource en eau est constituée dans la partie amont du barrage de Vinça.


Régulation de la ressource par les barrages :

Le barrage des Bouillouses

 

Situé sur le haut bassin de la Têt il contrôle les 29 km² les plus amonts du bassin versant. Le barrage (capacité de 18 Mm3) est voué à l'hydroélectricité ainsi qu'au soutien d'étiage et des prélèvements agricoles (usage institué par la convention de Lanoux du 10 février 1953).

Des possibilités de lâchers par les Bouillouses sont utilisés certaines années, mais rarement à leur maximum ce qui laisse une marge de manœuvre pour la satisfaction des besoins à l'aval.

Le barrage de Vinça

Le barrage de Vinça est le plus important des deux barrages présents sur le bassin et il influence de fait l'hydrologie de la partie aval du bassin. Implanté (mise en eau en 1976) à environ 30 km à l'amont de Perpignan, le barrage de type poids béton est une des conséquences de la crue de 1940. Il assure aujourd'hui une double fonction d'écrêtement des crues (période de retour 60 ans) et de soutien d'étiage. Propriété du Conseil Général il est géré par BRL (prestation de service). Le barrage contrôle 940 km² soit plus de 70 % de la surface totale du bassin versant de la Têt (et plus de 90% des débits). Le volume utile disponible est de 24,2 Mm3.

Le régime d'étiage est très accentué à l'aval du bassin. Ceci est principalement dû au fait que les prélèvements deviennent très importants sur ce secteur et qu'à l'inverse les apports naturels sont faibles.

De plus, il semble qu'il existe des phénomènes d'infiltration dans cette partie aval (étude volume prélevables - BRLi 2011). On pourrait s'attendre à une plus grande régularité des débits compte tenu de la présence du barrage de Vinça. Cependant, le barrage de Vinça reçoit des volumes d'apports moyens annuels d'environ de 320 Mm3 par an, en année quinquennale sèche, ces apports chutent de moitié (160 Mm3). Ces apports sont donc bien plus importants que la capacité du barrage (24,6 Mm3) et celui-ci ne peut donc réguler qu'une petite partie des apports transitant annuellement dans la Têt. Cette observation est également à rapprocher du mode de gestion du barrage qui doit garder un volume utile pour permettre l'écrêtement des crues.

Adéquation besoin - ressource

puce03.pngles prélèvements industriels sont peu significatifs à l'échelle du bassin
puce03.pngles prélèvements bruts pour la neige de culture sont de l'ordre de 0.5 Mm3
puce03.pngles prélèvements bruts pour l'AEP sont de l'ordre de 23 Mm3 (85% nappes)
puce03.pngles prélèvements bruts pour l'irrigation agricole sont de l'ordre de 275 Mm3

Bilan de la ressource et des usages à l’échelle du bassin de la Têt à Perpignan.

Bilan de la ressource (débit naturel quinquennal sec) et des usages (prélèvements nets AEP et irrigation) à l'échelle du bassin de la Têt à Perpignan.

Les besoins agricoles sont ceux qui requièrent les volumes d'eau les plus importants, en particulier à l'aval de Vinça où ils sont réalisés en période de tension sur la ressource.

Une satisfaction de l'ensemble des usages est aujourd'hui globalement possible grâce aux volumes de régulation et à la gestion concertée mise en place par le Comité Barrages piloté par le Conseil Général.

La comparaison du débit naturel et des besoins des usages montre que c'est dans la zone aval que l'allocation besoin - ressource est la plus tendue. Néanmoins, même si la situation est globalement plus équilibrée en amont de Vinça, les volumes prélevés ne sont pas partout compatibles avec le respect des débits minimums biologiques.

Il ressort ainsi un besoin d'amélioration de la gestion de l'eau sur ce bassin.