Comprendre le phénomène inondation

Source DDRM

Qu'est-ce qu'une inondation ?

Une inondation est une submersion rapide ou lente, d'une zone habituellement hors d'eau.
On en distingue trois types :
- la montée lente des eaux en région de plaine par débordement d'un cours d'eau ou remontée de la nappe phréatique,
- la formation rapide de crues torrentielles consécutives à des évènements pluvieux violents,
- le ruissellement pluvial renforcé par l'imperméabilisation des sols et les pratiques culturales limitant l'infiltration des précipitations.

Au sens large, les inondations comprennent également l'inondation par rupture d'ouvrages de protection comme une brèche dans une digue, la submersion marine résultant de la conjonction de la crue du fleuve, de fortes marées et de situations dépressionnaires.

L'ampleur de l'inondation est fonction de :

puce03.pngL'intensité et la durée des précipitations ;
puce03.pngla surface et la pente du bassin versant ;
puce03.pngla couverture végétale et la capacité d'absorption du sol ;
puce03.pngla présence d'obstacles à la circulation des eaux.

Elle peut être aggravée, dans une moindre mesure, à la sortie de l'hiver par la fonte des neiges.
On distingue la crue lente (généralement sur de grands bassins versants) de la crue rapide (petits bassins versant dont le temps de concentration est de moins de 12 h). Cette dernière notion peut se diviser en crue « semi-rapide » (vitesse de montée des eaux rapide mais avec une vitesse d'écoulement modérée) et « crue torrentielle » (vitesse de montée des eaux rapide avec une vitesse d'écoulement fort) accompagnée généralement d'un transport de matériaux solides importants et de flottants provoquant des effets aggravants par rupture d'embâcle à l'origine de très gros dégâts notamment en 1992 ou 1940).

 

Le risque inondation dans le département

Les reliefs proches de la Méditerranée connaissent des épisodes pluviométriques de type abats d'eau d'une intensité telle qu'ils entraînent de très forts ruissellements de surface. Ces épisodes sont générateurs de crues dans les cours d'eau qui atteignent alors un débit de pointe élevé dans un bref laps de temps. Le risque important de feux de forêt que connaissent les régions méditerranéennes peut aggraver le risque torrentiel, qui sera d'autant plus marqué si la couverture végétale ne joue pas son rôle tampon, d'où l'importance du maintien et de l'entretien du boisement existant et du reboisement après incendie.
Ces crues générées dans la plupart des cas par d'abondantes précipitations accompagnent des flux de sud-est se déplaçant rapidement et coïncident le plus souvent avec un régime de basse pression sévissant sur la Méditerranée.

Les événements pluviométriques catastrophiques sont principalement à redouter pour la période du 15 septembre au 15 décembre ou ponctuellement et très localement pendant l'été.
Le risque inondation est la conséquence de deux composantes : l'eau qui peut sortir de son lit habituel d'écoulement et l'homme qui s'installe dans la zone inondable pour y implanter toutes sortes de constructions, d'équipements et d'activités.

Le département peut être concerné par plusieurs types d'inondations :

puce03.pngInondations de plaine pour la plaine du Roussillon (principalement la Salanque, l'Agly et la Têt possédant des bassins versants étendus) ;
puce03.pnginondations torrentielles pour les reliefs (crue du Cady pendant l'Aiguat de 1940, du Boulès, etc.) ;
puce03.pnginondations par ruissellement pluvial lors de précipitations de fortes intensités (13 octobre 1986 : toute la Salanque inondée par les eaux de ruissellement) ;
puce03.pnginondations par remontée du niveau de la mer : submersions marines (on peut citer le « coup de mer » de décembre 1997).

Ces phénomènes ne sont pas forcément indépendants : leur conjonction possible aggrave l'ampleur et la durée des submersions.