Qualité de la ressource en eau superficielle

La qualité des eaux du bassin versant de la Têt est évaluée à partir d'un ensemble de stations de mesures formant part du réseau de contrôle et surveillance (RCS) et du réseau de contrôle opérationnel (RCO). L'ensemble des stations représente une trentaine de stations dont 3 seulement font l'objet d'un suivi régulier : 2 sur la Têt elle même (Sauto et Ste Marie) et une sur l'affluent de la Rotja (Py).

Les études qualitatives de 2001-2002, 2009 et les réseaux de mesures mettent en lumière une qualité physico-chimique et biologique du bassin relativement bonne. Pour autant, ce constat ne doit pas masquer un contraste entre l'amont et l'aval du bassin, l'aval du bassin étant le réceptacle de toutes les eaux et la zone qui subit les pressions les plus fortes d'un point de vue de l'occupation des sols.

En outre, certains tronçons de cours d'eau présentent des dégradations significatives.

On relève notamment des processus de désoxygénation (Têt aval, Basse et certains radiers), des concentrations d'azote ammoniacal élevées (Têt aval), des taux de nitrates ponctuellement importants (Fontpédrouse et Villefranche) ou encore des matières phosphorées (ponctuellement sur le Jardo, le Cady et de manière récurrente sur la station de Sainte marie et sur le bourdigou au niveau de la Têt aval).

Le SDAGE RM indique par ailleurs que le barrage de Vinça, la Basse entre Thuir et sa confluence avec la Têt ainsi que la Têt en aval d'Ille sur Têt jusqu'à l'estuaire présentent des phénomènes d'eutrophisation chronique. En 2007 par exemple, la concentration en phosphore dissous fut suffisante pour un développement de cyanobactéries potentiellement toxiques dans le barrage de Vinça, ces cyanobactéries trouvant des conditions favorables à leur développement en amont de la retenue.

Les dégradations observées sont généralement d'origine urbaine ou domestique, et font état de rejets directs ou insuffisamment traités (dysfonctionnement y compris) dans le milieu tout comme de rejets diffus.
En parallèle et de façon générale, la modification du régime hydrologique de la Têt par les grands barrages (Bouillouses, Vinça), les usines hydroélectriques, les prélèvements des différents canaux de la plaine ainsi que les incidences sur l'hydrosystème en aval de Vinça, limitent la capacité auto épuratrice du milieu et augmentent les risques de dysfonctionnement.