Améliorer la qualité de l’eau
Quel est le problème ?
La rivière reçoit les pollutions liées à nos activités. Lorsque la rivière n’est plus capable d’éliminer elle-même ces pollutions de façon naturelle, celles-ci persistent dans l’eau et perturbent les cycles de vie de la faune et la flore qui habitent dans la rivière. Ces pollutions contraignent aussi nos usages : elles peuvent par exemple compliquer la production d’eau potable, rendre la baignade dangereuse, etc.
Une rivière polluée signifie donc in fine des gains moindres et des coûts supplémentaires supportés par la collectivité et les usagers
Pollution par ruissellement
Le ruissellement est l’action de l’eau de pluie sur le sol : l’eau vient éroder et/ou lessiver le sol. Par cette action, l’eau se charge en matières (sédiments, hydrocarbures, déchets, etc.)
En milieu urbain, les eaux pluviales récupèrent hydrocarbures, huiles et petits déchets en ruisselant sur les chaussées. Ces eaux polluées sont généralement interceptées par les réseaux d’eaux pluviales et stockées dans des bassins d’orage pour être ensuite progressivement traitées en station d’épuration, à moins que l’épisode de pluie soit important. Dans ce cas là, le bassin d’orage n’étant plus en capacité de stocker les eaux pluviales, celles-ci se déversent directement dans la rivière.
En milieu rural, la pluie peut éroder la surface des sols nus et entrainer des départs d’argiles et d’humus qui terminent alors leur course dans la rivière.
Quelles solutions ?
Le principe est de maitriser les flux de pollution par lessivage des sols en intervenant en même temps sur la réduction des volumes et sur la pollution.
En milieu agricole, le ruissellement pollue non seulement les rivières, il appauvri les terres arables par la perte des premières couches de terre fertiles. Les agriculteurs ont donc tout intérêt à contrer le phénomène. Il s’agit essentiellement de faire évoluer les pratiques progressivement : revoir les modes de travail du sol (profondeur, conservation d’un couvert végétal), repenser la circulation des engins vis-à-vis de la pente (favoriser les axes perpendiculaires), préserver/replanter des haies, gérer maladies et ravageurs de façon raisonnée et en prenant en compte les conditions climatiques, etc.
Dans la ville, réduire l’apport de pollutions par les eaux pluviales c’est :
- Contenir l’explosion des surfaces imperméabilisées par l’étalement urbain.
- Favoriser la gestion des eaux pluviales à la source, autrement dit par un retour au sol, via différentes techniques à adapter selon les contextes : mise en place de toiture végétalisée, déraccordement de la voirie au réseau (=zéro rejet pour des petites pluies) par un travail sur le nivellement pour conduire les eaux de ruissellement dans un espace vert ou un pied d’arbre
- Sensibiliser les habitants sur le fait que ce qui est jeté au sol fini dans la rivière puis dans la mer
Pollution par les phytosanitaires
Les produits phytosanitaires sont des produits chimiques conçus pour lutter contre toutes sortes de parasites. Ils font partie des pesticides qui comprennent également les biocides.
Ces substances chimiques de synthèse, très variées, sont utilisées par divers utilisateurs : jardiniers amateurs, paysagistes, services espaces verts, agriculteurs, responsables des voiries (route, rail), etc. Leur utilisation intensive entraine une pollution des eaux de surface et souterraines par des produits reconnus pour leur toxicité.
Les suivis de la qualité des eaux ont montré une pollution conséquente de certaines portions des cours d’eau du bassin versant (la Têt à partir d’Ille-sur-Têt, la Rotja aval, la Basse etc.)
Quelles solutions ?
Pour parler solutions, distinguons les zones agricoles (ZA) des zones non agricoles (ZNA).
Dans les ZNA, l’utilisation des produits phytosanitaires est réglementée. Depuis le 1er janvier 2017 les collectivités ne peuvent plus utiliser ou faire utiliser les produits phytosanitaires dans les espaces accueillant du public, autrement dit pour l’entretien des espaces verts, des voiries, promenades et dans certains cas dans les cimetières.
Depuis le 1er janvier 2019 cette interdiction s’est étendue aux particuliers. Les jardiniers amateurs ne pourront plus utiliser ni détenir de produits phytosanitaires sauf ceux de biocontrôle, à faibles risques et autorisés en agriculture biologique.
Pollution par les macro-déchets
On appelle macro-déchets les matériaux divers (emballages, bidons, appareils électroménagers, objets, déchets de chantier etc.) issus des activités urbaines que l’on retrouve dans le milieu naturel et qui le pollue. Ces macro-déchets sont le plus souvent abandonnés par leurs usagers, que ce soit dans la rue ou directement en bord de rivière. Ils voyagent ensuite au grès du vent et de l’eau. Ces macro-déchets ne se dégradent pas naturellement sous l’effet de l’activité biologique. Pour les matières plastiques, elles se fragmentent sous l’effet du soleil en petits éléments qui pénètrent dans les chaines alimentaires.
Sur nos rivières on retrouve les macro-déchets de façon régulière dans les berges et le lit. Le vent et le courant transportent ces macro-déchets vers la mer. Le fléau est tel qu’on parle de 5ème continent dans les océans.
Ces macro-déchets sont à distinguer des corps flottants constitués de troncs, branchages d’arbre morts qui sont naturellement transportés par la rivière. Ces corps flottants, non polluants, sont même bénéfiques pour les milieux naturels quand ils ne viennent pas gêner l’écoulement des eaux en cas de crue : ils constituent des zones de refuge et d’habitat pour la faune, renforce la structure de la plage en cas de tempête, etc
Quelles solutions ?
Deux moyens d’action pour lutter contre le fléau des macro-déchets :
- De façon préventive : localement, il s’agit essentiellement de sensibiliser tous les publics, faire connaitre le problème, les flux de polluant et en quoi chacun est concerné. A l’échelle nationale, les politiques sur la réduction du recours aux emballages ou à certains produits d’utilisation unique sont aussi un levier pour diminuer les arrivées de macro-déchets dans le milieu naturel.
- De façon curative : des opérations de nettoyage permettent de débarrasser le milieu de nombreux macro-déchets.
Suivre la qualité
Il est essentiel de faire un suivi régulier de la qualité des eaux du bassin versant de la Têt pour améliorer les connaissances sur les pollutions observées, pouvoir in fine identifier leurs sources et enfin mettre en place les actions les plus adaptées. Ce suivi sert également à mesurer les efforts et progrès déjà consentis et ceux restant à faire.
C’est un outil de diagnostic et de pilotage pour les maitres d’ouvrage.
Aujourd’hui les eaux de la Têt et de ses affluents font l’objet de mesures de qualité. L’Agence de l’eau, la DREAL et l’AFB pilotent un programme de surveillance qui est complété par des données acquises par le Département des Pyrénées Orientales tous les 4 ans sur un plus grand nombre de stations.